Accepter d’être imparfait – Lettre à mon corps.

Cher corps,

J’ai vu pour la première fois des gens qui s’adressaient directement à leurs corps. Qui essayaient de faire la paix avec leurs corps, et j’ai trouvé cette démarche tellement géniale. Aujourd’hui, dans notre société où le physique est plus important que les valeurs et qu’énormément de gens complexent. Il est d’autant plus important de s’aimer soi-même, et ça passe par le corps aussi.

Aujourd’hui, je m’adresse à toi. On a pas toujours été en accord nous deux, pas vrai? Pour être exacte on ne la jamais été, et Dieu sait que je t’en ai fait baver. Entre les douleurs chroniques et la réalité est que je ne prend pas soin de toi non plus. Je vais commencer par mes pieds, je vous trouve pas spécialement beaux, mais pas spécialement laid non plus. bien que moins je vous vois, mieux je me porte. Je voulais vous dire merci, merci de faire un 38, parce qu’avec de si petits pieds, je peux me chausser chez les enfants la plupart du temps. Et mon porte-feuilles vous en est très reconnaissant.

Petits mollets, vous, je vous aime bien quand vous n’êtes pas si poilu. Mais un coup de tondeuse et s’est réglé. Parce qu’on sait que la cire c’est efficace plus longtemps mais aucun des deux nous n’aimons ça. Vous êtes très musclé, le fait que je marche pas mal. Les années de sports précédentes vous ont bien entretenu et j’apprécie que vous restiez en bon états.

Mes genoux, oh vous que je ne vous aime pas. Mais alors pas du tout simplement parce que vous me faites tellement souffrir. Entre un rotule trop petite et presque plus de cartilages, vous m’en faites baver. Mais je dois avouer que j’ai ma part de responsabilités là dedans, je devrais prendre plus soin de vous. Je promets à l’avenir de prendre soin de vous, mais on sait tous les 3 que ça passe par des séances intensives de sports. Et même les jours de douleurs vous devrez bosser avec moi parce qu’on est une équipe.

Mes cuisses, je n’ai rien à vous reprochez, je vais juste vous faire travailler pour que vous soyez plus toniques, c’est un peu près tout.

Quand à mon bassin, j’aimerais que tu arrêtes de laisser mes hanches se déboiter à chaque pas, ce sera sympa. Mais vous allez avoir le même traitement que mes genoux. Eh oui, c’est ça d’être des articulations en carton, on doit bosser ensemble. Et je suis sûr qu’on peut déplacer des montagnes si on coopère.

Mon ventre, alors, t’es la partie que je cache le plus. Tu me fais perdre toute confiance en moi… Aujourd’hui, tu stockes pas mal de graisse, en 5 ans je suis passé de 9% à 18%. Du simple au double, et je vois bien que c’est là que tu stockes. Si c’est parce que de long mois je t’ai fais subir une anorexie boulimique, c’est termine. Il est temps d’enterrer la hache de guerre, tu peux arrêter d’avoir peur que ça recommence. Donc on va se remettre au sport, je sais qu’on est passé du haut niveau à rien du tout, mais il va falloir retrouver notre niveau là.

Mes bras et mes mains, je sais que vous avez une hyper arthrite après 21 ans de vie. Et que ce n’est pas de votre faute si vous me faites souffrir. Je vous trouve fin, trop fin, mais ça devrais s’arranger avec le temps. En plus, plus vous êtes recouvert de couleur au gré de mes tatouages, plus je vous aime.

Mon torse, trop peu massif, et je sais qu’avec le sport ça va s’arranger ça aussi. Parce que pour le moment, la seule idée qui m’obsède est de vous mettre des implants pectorales. Mais je refuse avant d’avoir tout tenté.

Mon visage, plutôt joli yeux. Une pointe de nez peut-être un peu trop grosse, cadeau génétique ça! Après des années d’appareils dentaires, j’adore le fait que vous êtes parfaitement alignées.

Ah mes cheveux, qu’est ce que j’aime vous maltraiter… Entre des coupes, des rasages, des couleurs et des décolorations, je vous remercie d’être toujours là. Mais aussi d’accepter de pousser toujours autant!

Je sais que pour l’avenir, on ne sera pas toujours d’accord. Mais on fera au mieux pour peut-être pas s’aimer d’amour. Mais plutôt pour apprendre à vivre ensemble en harmonie avec les complexes que j’ai vis-à-vis de toi.

Mon corps est mon vaisseau pour cette vie. Après des années de maltraitance, je décide qu’il est temps d’être une équipe. Mais surtout de le traiter comme un temple. Il m’en a fait baver tout comme je lui ai rendu l’appareil. Aujourd’hui, c’est terminé.

Alors merci à toi, merci d’être comme tu es.
Je ne te l’ai jamais dit, mais je le pense. Je t’aime.

Affectueusement,
Lio.

Partager:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *